Acheter un logement insolite : est-ce vraiment rentable ?

L’achat d’un logement insolite destiné à la location touristique représente un investissement attractif, mais qui nécessite une préparation rigoureuse sur les plans comptable, fiscal et juridique. Que vous envisagiez d’acquérir une cabane dans les arbres, une tiny house, un éco-lodge ou tout autre hébergement atypique, les règles applicables sont celles des meublés de tourisme, avec des spécificités importantes à connaître avant de vous lancer.

Chez NeoGest, nous accompagnons de nombreux porteurs de projets dans ce secteur en pleine expansion. Cet article vous présente l’ensemble des éléments à maîtriser avant, pendant et après votre acquisition.

Qu’est-ce qu’un logement insolite au sens juridique et fiscal ?

Comment définir un meublé de tourisme ?

Juridiquement, un logement insolite destiné à la location touristique entre dans la catégorie des meublés de tourisme, tels que définis à l’article L. 324-1-1 du code du tourisme. Il s’agit de locaux meublés à l’usage exclusif du locataire, offerts à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile et qui y effectue un séjour caractérisé par une location à la journée, à la semaine ou au mois.

Cette définition englobe donc cabanes perchées, yourtes, roulottes, tiny houses, bulles transparentes, éco-lodges ou tout autre concept d’hébergement insolite, dès lors qu’ils respectent ces critères. La particularité architecturale de votre projet n’a pas d’incidence sur le régime juridique applicable : une cabane dans les arbres est soumise aux mêmes règles qu’un appartement loué en meublé de tourisme.

Quelle différence entre résidence principale et secondaire pour mon projet ?

Cette distinction est fondamentale car elle détermine les obligations administratives et fiscales applicables. Votre logement insolite sera considéré comme une résidence secondaire si vous ne l’occupez pas au moins huit mois par an comme résidence principale.

Dans les faits, tout logement loué plus de 120 jours par an en meublé de tourisme ne peut mathématiquement pas être une résidence principale, puisque les périodes de location ne sont pas comptabilisées comme des périodes d’occupation personnelle. Pour un investissement locatif insolite, vous serez donc quasi systématiquement dans le cadre d’une résidence secondaire.

Exemple concret : Sophie achète une tiny house qu’elle installe dans son jardin en Dordogne. Elle l’occupe personnellement 15 jours en été et la loue le reste du temps. Même si le bien est sur son terrain, la tiny house sera considérée comme une résidence secondaire et devra respecter toutes les obligations liées à ce statut.

Quelles sont les démarches administratives obligatoires avant l’achat ?

Dois-je vérifier les règles d’urbanisme avant d’acheter ?

Absolument. C’est même la première vérification à effectuer, bien avant la signature de tout compromis. Plusieurs aspects doivent être examinés :

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la commune peut comporter des restrictions spécifiques. Certaines zones peuvent interdire purement et simplement l’installation d’hébergements touristiques, ou imposer des servitudes de résidence principale pour les constructions nouvelles. Ces servitudes, introduites par la loi du 19 novembre 2024, concernent les communes où s’applique la taxe sur les logements vacants ou celles où plus de 20% des logements sont déjà des résidences secondaires.

Attention particulière : si vous achetez un bien situé dans une copropriété (exemple : un chalet en résidence de montagne que vous souhaitez transformer en hébergement insolite), le règlement de copropriété doit être scrupuleusement vérifié. Depuis la loi de novembre 2024, tout nouveau règlement de copropriété doit explicitement prévoir si la location de meublés de tourisme est autorisée. La modification du règlement en vue d’interdire ce type de location a été facilitée. Un achat dans une copropriété sans vérification préalable peut vous exposer à ne jamais pouvoir exploiter votre bien en location touristique.

L’autorisation de changement d’usage est-elle nécessaire ?

Dans les zones tendues, définies notamment par l’application de la taxe sur les logements vacants (principalement Paris et certaines grandes agglomérations), la location d’un logement comme meublé de tourisme constitue un changement d’usage soumis à autorisation préalable.

Concrètement, si vous achetez un appartement à Paris pour le transformer en location touristique, vous devrez obtenir une autorisation de changement d’usage auprès de la mairie. Cette autorisation peut être :

  • Définitive (rare et précieuse)
  • Temporaire (pour une durée déterminée, généralement renouvelable)
  • Soumise à compensation : vous devrez alors transformer un local commercial en logement ou acheter des droits de commercialité pour compenser

Depuis novembre 2024, les communes ont la possibilité d’étendre cette obligation de changement d’usage à tout nouveau meublé de tourisme, même constitué d’un logement neuf, et de fixer des quotas d’autorisations pour maîtriser le nombre de meublés sur leur territoire.

Cas pratique : Jean souhaite acheter un studio de 25m² à Lyon pour le transformer en tiny house urbaine destinée à la location touristique. Lyon appliquant le changement d’usage dans certains arrondissements, Jean devra vérifier si le bien est situé dans une zone concernée et, le cas échéant, obtenir l’autorisation avant toute mise en location. Le défaut d’autorisation l’expose à une amende pouvant atteindre 100 000 € depuis novembre 2024.

Quelles sont les obligations en matière de performance énergétique ?

C’est une nouveauté majeure qui va progressivement s’appliquer aux meublés de tourisme. À partir du 1er janvier 2034, les meublés de tourisme qui ne constituent pas la résidence principale du loueur devront respecter les mêmes exigences de performance énergétique que les locations de longue durée.

Concrètement, votre logement insolite devra avoir un DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) compris entre les classes A et E. Les logements classés F ou G seront interdits à la location touristique. Une amende administrative de 5 000 € maximum pourra être prononcée en cas de non-respect, assortie d’une astreinte de 100 € par jour de retard si le DPE n’est pas transmis dans les deux mois suivant la demande de la commune.

Conseil d’expert : lors de votre projet d’achat, pensez à faire réaliser un DPE même si l’échéance de 2034 semble lointaine. Un bien classé F ou G aujourd’hui nécessitera des travaux de rénovation énergétique qui peuvent être très coûteux. Intégrez ces coûts futurs dans votre business plan. Pour un éco-lodge ou une tiny house neuve, la performance énergétique est généralement bonne, mais pour une grange rénovée ou une ancienne bergerie, la situation peut être plus délicate.

Comment financer intelligemment mon achat de logement insolite ?

Quel montage financier privilégier ?

Le financement d’un logement insolite destiné à la location touristique peut s’effectuer selon plusieurs modalités :

L’achat en nom propre est la solution la plus simple pour débuter. Vous achetez le bien en votre nom personnel, le déclarez en meublé de tourisme, et relevez du régime des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Cette option convient particulièrement aux primo-investisseurs avec un ou deux biens.

La création d’une société (SARL, SAS, SASU) devient pertinente dès lors que vous envisagez un projet d’envergure (plusieurs hébergements, investissement supérieur à 150 000 €) ou que vous souhaitez développer une véritable activité d’exploitation. La société permet de :

  • Protéger votre patrimoine personnel
  • Optimiser la fiscalité en cas de bénéfices importants
  • Faciliter l’association avec des partenaires
  • Séparer clairement votre patrimoine professionnel de votre patrimoine privé

Exemple de structuration : Marc et Julie créent une SARL pour acquérir trois cabanes dans les arbres en Ardèche. La SARL emprunte 250 000 € pour financer l’achat du terrain et la construction des cabanes. Les revenus locatifs permettent de rembourser l’emprunt, et en cas de difficulté, seul le capital social de la société est engagé, pas le patrimoine personnel des associés (sauf si des garanties personnelles ont été données à la banque).

Comment les banques évaluent-elles un projet de logement insolite ?

Les établissements bancaires sont aujourd’hui familiers des projets de meublés de tourisme classiques, mais peuvent se montrer plus prudents face aux logements insolites. Leur analyse portera sur plusieurs critères :

La rentabilité prévisionnelle est scrutée attentivement. Les banques demandent généralement un business plan détaillé sur 3 à 5 ans, intégrant :

  • Les revenus locatifs prévisionnels (basés sur des comparables locaux)
  • Les charges d’exploitation (entretien, ménage, linge, charges courantes, assurance, taxe de séjour)
  • Les frais de gestion (conciergerie, plateforme de réservation)
  • Les provisions pour travaux et aléas

L’originalité du concept peut jouer en votre faveur si vous démontrez une demande avérée. Des données de réservation provenant de plateformes comme Airbnb, Abritel ou de votre étude de marché locale renforceront votre dossier.

Votre apport personnel : les banques demandent généralement un apport de 20 à 30% pour un investissement locatif touristique, plus élevé que pour une résidence principale. Pour un projet insolite, elles peuvent exiger 30 à 40% en raison du caractère moins « standard » du bien.

Quels sont les aspects comptables essentiels à maîtriser ?

Quel régime fiscal choisir pour mon activité de location ?

Deux régimes fiscaux principaux s’offrent à vous : le micro-BIC et le régime réel. Le choix dépend de votre chiffre d’affaires et de la structure de vos charges.

Le régime micro-BIC s’applique automatiquement si vos recettes annuelles ne dépassent pas certains plafonds, modifiés par la loi de finances 2024 et la loi de novembre 2024. Voici le tableau récapitulatif des règles applicables aux revenus 2025 :

Arbitrage Fiscal 2026 : Où vous situez-vous ?

Anticipez l'alignement fiscal pour préserver votre rentabilité nette

📉

Meublé Non Classé

30%

Plafond : 15 000 €

Conséquence : Alignement strict sur la location nue. Aucune incitation fiscale spécifique.
RECOMMANDÉ

Meublé Classé

50%

Plafond : 77 700 €

Avantage : Préservation du régime micro-BIC attractif et seuils de CA étendus.
🏠

Location Nue

30%

Plafond : 15 000 €

Référence : Le socle fiscal classique servant de base au nouvel alignement.

L'analyse stratégique Neo-Gest :

L'abattement forfaitaire n'est plus un cadeau automatique. En 2026, la différence entre un meublé classé et non classé représente une hausse de 66% de votre base imposable. Si votre CA dépasse 15k€ ou si vos charges réelles sont importantes, le passage au Régime Réel est la seule option pour viser le "zéro fiscal" via les amortissements.

Le micro-BIC présente l’avantage de la simplicité : aucune comptabilité détaillée n’est exigée, vous déclarez simplement vos recettes brutes et l’administration applique automatiquement l’abattement forfaitaire. Vous êtes dispensé de TVA et n’avez pas à tenir de comptabilité d’engagement.

Attention : l’abattement forfaitaire est censé couvrir l’ensemble de vos charges (amortissements, intérêts d’emprunt, travaux, charges courantes). Si vos charges réelles dépassent cet abattement, le régime réel sera plus avantageux.

Le régime réel devient obligatoire si vous dépassez les plafonds du micro-BIC, mais vous pouvez aussi l’opter volontairement. Dans ce régime :

  • Vous déduisez toutes vos charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, amortissements, assurances, frais de gestion, etc.)
  • Vous devez tenir une comptabilité d’engagement conforme au Plan Comptable Général
  • Vous pouvez amortir le bien immobilier et le mobilier
  • Vous devez établir un bilan et un compte de résultat annuels

Cas pratique : Céline achète une yourte équipée pour 80 000 € (terrain inclus), financée par un emprunt de 60 000 € sur 15 ans. Ses recettes locatives annuelles s’élèvent à 35 000 €.

En micro-BIC (meublé non classé) : Elle ne peut pas bénéficier du micro-BIC car elle dépasse le plafond de 15 000 €.

En micro-BIC (meublé classé) : Base imposable = 35 000 € × 50% = 17 500 €. Elle paiera l’impôt sur 17 500 € + les prélèvements sociaux (17,2%).

En régime réel : Elle déduit intérêts d’emprunt (≈ 2 700 €), amortissement de la yourte (≈ 2 500 €/an), charges d’exploitation (≈ 8 000 €), assurance (≈ 800 €), taxe foncière (≈ 600 €), soit un total de charges d’environ 14 600 €. Résultat fiscal : 35 000 € – 14 600 € = 20 400 €.

Dans cet exemple, le régime réel classé est légèrement moins avantageux que le micro-BIC classé, mais Céline bénéficie d’une comptabilité détaillée qui lui permet de mieux piloter son activité et de valoriser ses amortissements.

Comment comptabiliser l’achat du bien ?

La comptabilisation de l’achat d’un logement insolite suit les règles comptables classiques de l’immobilisation :

Le prix d’acquisition comprend le prix d’achat du bien (terrain + construction), auquel s’ajoutent les frais directement attribuables :

  • Frais de notaire
  • Droits d’enregistrement
  • Honoraires d’agence immobilière
  • Frais de viabilisation
  • Frais de raccordement (eau, électricité)

Ces éléments constituent la valeur d’entrée de l’immobilisation dans votre comptabilité.

La décomposition de l’actif est une pratique fortement recommandée. Elle consiste à distinguer les différents éléments du bien selon leur durée d’utilisation :

  • Le terrain : non amortissable
  • La structure (gros œuvre, fondations) : amortissement sur 50 ans
  • Les aménagements et équipements : amortissement sur 10 à 20 ans
  • Le mobilier : amortissement sur 5 à 10 ans
  • Les équipements techniques (cuisine, sanitaires) : amortissement sur 10 à 15 ans

Exemple chiffré : Pierre acquiert une cabane dans les arbres clé en main pour 120 000 € HT. La décomposition pourrait être :

  • Terrain : 20 000 € (non amortissable)
  • Structure et ossature : 50 000 € (amortissement sur 30 ans = 1 667 €/an)
  • Aménagements intérieurs : 30 000 € (amortissement sur 15 ans = 2 000 €/an)
  • Mobilier et équipements : 20 000 € (amortissement sur 10 ans = 2 000 €/an)

Total des amortissements annuels : 5 667 €, déductibles fiscalement en régime réel.

Dois-je tenir une comptabilité et faire appel à un expert-comptable ?

En micro-BIC : vous n’êtes pas obligé de tenir une comptabilité commerciale complète ni de faire appel à un expert-comptable. Vous devez simplement :

  • Conserver les justificatifs de vos recettes (relevés bancaires, récapitulatifs des plateformes)
  • Déclarer vos revenus sur votre déclaration de revenus personnelle

Toutefois, même en micro-BIC, nous recommandons vivement de tenir un tableau de bord récapitulant vos recettes mensuelles et vos principales charges pour piloter votre activité.

En régime réel : vous êtes obligatoirement soumis à la tenue d’une comptabilité d’engagement et devez faire appel à un professionnel. L’expert-comptable :

  • Tient votre comptabilité et établit vos comptes annuels
  • Optimise votre fiscalité (choix des options fiscales, optimisation des amortissements)
  • Vous accompagne dans vos déclarations fiscales (déclarations de résultat, liasse fiscale)
  • Vous aide à sécuriser vos pratiques face à un contrôle fiscal

Le coût d’un expert-comptable pour une activité de meublé de tourisme varie de 800 à 2 500 €/an selon le volume d’activité et la complexité du dossier. Ce coût est intégralement déductible fiscalement.

Quelles sont mes obligations fiscales après l’achat ?

Comment déclarer mon activité de location ?

Dès que vous mettez votre logement insolite en location, vous devez déclarer le début de votre activité auprès de l’administration fiscale. Cette déclaration s’effectue via le formulaire P0i (pour les personnes physiques) à adresser au greffe du tribunal de commerce ou directement en ligne sur le site de l’INPI.

Vous recevrez alors un numéro SIRET qui identifie votre activité. Ce numéro devra figurer sur toutes vos factures si vous en émettez (notamment si vous facturez des prestations complémentaires).

Parallèlement, depuis la loi du 19 novembre 2024, l’enregistrement des meublés de tourisme sera généralisé et obligatoire sur l’ensemble du territoire français à compter de mi-2026. Une plateforme nationale unique sera mise en place pour remplacer les téléservices locaux actuels. En attendant, selon votre commune, vous devrez peut-être déjà procéder à un enregistrement local.

Que se passe-t-il si je dépasse les plafonds du micro-BIC ?

Si vos recettes dépassent les plafonds du micro-BIC (15 000 € pour un meublé non classé, 77 700 € pour un meublé classé), vous basculez automatiquement au régime réel l’année suivante.

Toutefois, vous bénéficiez d’une tolérance : le dépassement doit se produire deux années consécutives pour que le basculement soit définitif. Si vous dépassez le plafond une année mais repassez en dessous l’année suivante, vous restez en micro-BIC.

Exemple : Martine exploite une tiny house classée. En 2025, elle encaisse 82 000 € de recettes (dépassement du plafond de 77 700 €). En 2026, ses recettes sont de 72 000 € (en dessous du plafond). Elle reste en micro-BIC pour 2026. Si en 2026 elle avait encaissé 80 000 €, elle serait passée au réel dès 2027.

Suis-je redevable de la TVA sur mes locations ?

La location de logements meublés à usage d’habitation est en principe exonérée de TVA (article 261 D 4° du CGI). Cela signifie que vous ne facturez pas de TVA à vos clients et vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats et investissements.

Il existe toutefois des exceptions où la TVA s’applique :

  • Les prestations de parahôtellerie : si vous fournissez au moins trois des quatre services suivants (petit-déjeuner, nettoyage régulier des locaux, fourniture du linge de maison, réception de la clientèle), vous relevez de la TVA au taux de 10%
  • Les locations en résidence de tourisme classée avec prestations hôtelières
  • Les locations à des exploitants (et non à des particuliers)

Pour la plupart des propriétaires de logements insolites loués directement à des particuliers sans prestations parahôtelières, vous resterez hors du champ de la TVA.

Quelles sont les autres taxes à prévoir ?

La taxe de séjour est un prélèvement que vous devez collecter auprès de vos locataires et reverser à la commune ou à l’intercommunalité. Son taux varie selon la commune et la catégorie de l’hébergement :

  • Pour les meublés non classés : pourcentage du prix de la nuitée (jusqu’à 5%)
  • Pour les meublés classés : montant fixe par nuitée et par personne (entre 0,20 € et 4,30 € selon le classement)

Si vous louez via une plateforme qui agit comme intermédiaire de paiement (Airbnb, Abritel), c’est généralement la plateforme qui collecte et reverse directement la taxe de séjour. Si vous louez en direct, c’est à vous de gérer cette collecte et ce reversement.

La taxe foncière reste à votre charge en tant que propriétaire. Son montant varie considérablement selon les communes. Pour un logement insolite situé en zone rurale, elle peut être relativement modeste (300 à 800 €/an), mais en zone touristique prisée, elle peut dépasser 1 500 à 2 000 €/an.

La Contribution Foncière des Entreprises (CFE) peut être due si vous exploitez votre meublé de tourisme de manière professionnelle (plusieurs biens, activité structurée). Le montant varie selon la commune et la valeur locative du bien. Certaines communes accordent des exonérations temporaires pour favoriser l’activité touristique.

Quelles sont les erreurs à éviter lors de l’achat ?

Négliger l’étude de marché locale

Beaucoup d’investisseurs se lancent dans l’achat d’un logement insolite séduits par le concept, sans analyser suffisamment la demande locale. Une cabane dans les arbres peut être très rentable dans une région touristique dynamique, mais générer peu de réservations dans une zone peu attractive.

Points à vérifier absolument :

  • Les taux d’occupation des hébergements similaires dans un rayon de 20 km
  • Les tarifs pratiqués localement
  • La saisonnalité de la demande (forte en été seulement ? ou demande équilibrée ?)
  • La concurrence directe (nombre de logements insolites déjà présents)
  • Les attraits touristiques locaux (sites naturels, activités, patrimoine)

Sous-estimer les charges d’exploitation

Le taux d’effort (charges/recettes) d’un meublé de tourisme est généralement plus élevé que celui d’une location longue durée. Pour un logement insolite, vous devez budgétiser :

  • Ménage et linge : 20 à 40 € par rotation (variable selon la surface et le prestataire)
  • Conciergerie/gestion : 15 à 25% des recettes si vous externalisez
  • Entretien et maintenance : prévoir 10 à 15% des recettes pour les réparations, l’entretien du mobilier, le remplacement des équipements
  • Assurance spécifique : 400 à 1 200 €/an selon le bien
  • Charges courantes : eau, électricité, internet, chauffage
  • Taxe de séjour : à reverser
  • Commission des plateformes : 3% (propriétaire) à 15% (voyageur) selon la plateforme

Tableau récapitulatif des charges moyennes :

Analyse des Charges d'Exploitation

Où partent vos recettes ? (Base : 30 000 € de CA annuel)

Conciergerie & Gestion (15-25%) Jusqu'à 7 500 €
Ménage & Linge (12-18%) Jusqu'à 5 400 €
Entretien & Maintenance (10-15%) Jusqu'à 4 500 €
Charges courantes (8-12%) Jusqu'à 3 600 €
⚖️

L'œil de l'expert Neo-Gest :

Avec un cumul de charges pouvant atteindre 78%, le forfait Micro-BIC (abattement de 50% max) vous fait payer des impôts sur des revenus que vous n'avez jamais réellement perçus. En passant au Régime Réel, vous déduisez 100% de ces dépenses + vos amortissements, ramenant souvent votre imposition à 0 €.

Au global, prévoyez que 50 à 65% de vos recettes partiront en charges d’exploitation avant même de considérer vos charges financières (intérêts d’emprunt) et vos charges fiscales.

Oublier les contraintes réglementaires locales

Chaque commune peut appliquer des règles spécifiques : durée maximale de location (120 jours ou moins pour les résidences principales), obligation d’enregistrement, changement d’usage, règles spécifiques du PLU. Vérifiez systématiquement auprès du service urbanisme de la mairie :

  • Le PLU et ses éventuelles restrictions
  • La procédure d’enregistrement en vigueur
  • Les éventuelles servitudes de résidence principale
  • Les arrêtés municipaux spécifiques à la location touristique

Se passer d’un accompagnement professionnel

L’achat d’un logement insolite représente un investissement significatif (généralement entre 50 000 € et 300 000 €). Faire l’impasse sur l’accompagnement d’un expert-comptable pour économiser 1 000 ou 2 000 € annuels est une fausse économie. Un professionnel vous aide à :

  • Optimiser votre montage fiscal dès le départ
  • Éviter les erreurs comptables qui peuvent coûter cher en cas de contrôle
  • Sécuriser vos choix (régime fiscal, structure juridique)
  • Bénéficier de conseils personnalisés selon votre situation

Le classement en étoiles : un atout pour mon logement insolite ?

Quels avantages fiscaux apporte le classement ?

Le classement de votre meublé de tourisme (de 1 à 5 étoiles) est une démarche facultative, mais qui présente des avantages fiscaux significatifs, particulièrement depuis les récentes modifications législatives.

Les avantages fiscaux du classement :

  • Abattement micro-BIC de 50% au lieu de 30% pour les non classés
  • Plafond micro-BIC de 77 700 € au lieu de 15 000 € pour les non classés
  • Exonération possible de taxe foncière dans les zones de revitalisation rurale (sur délibération de la commune)
  • Taxe de séjour à montant fixe plutôt qu’en pourcentage du prix de la nuitée
  • Possibilité d’accepter les chèques-vacances via l’inscription à l’ANCV

Compte tenu de l’écart important entre les plafonds (15 000 € vs 77 700 €), le classement devient presque indispensablesi vous prévoyez de générer plus de 15 000 € de recettes annuelles et souhaitez rester en micro-BIC.

Comment obtenir le classement ?

La procédure de classement s’effectue auprès d’un organisme accrédité (Atout France ou organisme privé agréé). Vous devez :

  1. Vérifier que votre logement répond aux critères de la catégorie visée
  2. Constituer un dossier avec photos, plans, descriptif des équipements
  3. Faire réaliser une visite de contrôle par un auditeur
  4. Obtenir le certificat de classement valable 5 ans

Le coût du classement varie de 150 € à 400 € selon l’organisme et la catégorie visée. Ce coût est déductible fiscalement.

Exemple concret : Thomas possède une bulle transparente qu’il exploite sans classement. Ses recettes 2025 s’élèvent à 45 000 €. Sans classement, il est obligé de passer au régime réel (plafond de 15 000 € dépassé). Avec un classement 3 étoiles obtenu avant la mise en location, il aurait pu rester en micro-BIC (plafond de 77 700 €) et bénéficier de l’abattement de 50%, soit une base imposable de seulement 22 500 € au lieu de devoir établir une comptabilité complète. Le gain fiscal et administratif est considérable.

Comment anticiper les évolutions réglementaires futures ?

Que prévoit la loi pour les années à venir ?

La réglementation des meublés de tourisme évolue rapidement. Plusieurs échéances importantes sont à noter :

Mi-2026 : Généralisation obligatoire de l’enregistrement des meublés de tourisme sur une plateforme nationale unique. Toutes les locations devront avoir un numéro d’enregistrement.

2034 : Application des critères de performance énergétique. Seuls les logements ayant un DPE entre A et E pourront être loués en meublé de tourisme (hors résidences principales).

Ces échéances doivent être anticipées dès l’achat :

  • Privilégiez les biens ayant déjà une bonne performance énergétique ou budgétisez les travaux de rénovation
  • Intégrez dans votre business plan les coûts de mise en conformité future
  • Restez informé des évolutions réglementaires via les sites officiels (service-public.fr, site du ministère du Tourisme)

Comment sécuriser mon investissement sur le long terme ?

Pour pérenniser votre investissement dans un logement insolite :

Diversifiez vos canaux de distribution : ne dépendez pas uniquement d’Airbnb ou d’une seule plateforme. Développez votre propre site web, inscrivez-vous sur plusieurs plateformes, travaillez avec des agences locales.

Soignez votre classement et vos avis : la réputation en ligne est cruciale. Un taux de satisfaction élevé et de nombreux avis positifs garantissent un taux d’occupation optimal.

Constituez une trésorerie de sécurité : prévoyez 6 mois de charges (incluant le remboursement d’emprunt) de côté pour faire face aux périodes creuses ou aux imprévus.

Adaptez-vous à la demande : restez flexible sur vos tarifs, proposez des offres spéciales en basse saison, renouvelez régulièrement votre décoration et vos équipements.

Faites-vous accompagner : un expert-comptable spécialisé dans l’hébergement touristique comme notre cabinet NeoGest vous aide à optimiser votre fiscalité, piloter votre activité et anticiper les évolutions réglementaires.

En résumé

L’achat d’un logement insolite destiné à la location touristique est un projet enthousiasmant et potentiellement très rentable, mais qui nécessite une préparation rigoureuse. Les points clés à retenir :

✓ Vérifiez impérativement les règles d’urbanisme, le PLU et le règlement de copropriété avant tout achat

✓ Anticipez les obligations administratives (enregistrement, changement d’usage éventuel, DPE)

✓ Choisissez le bon régime fiscal (micro-BIC ou réel) en fonction de vos recettes prévisionnelles et de votre structure de charges

✓ Privilégiez le classement en étoiles si vous prévoyez plus de 15 000 € de recettes annuelles

✓ Budgétisez correctement les charges d’exploitation (50 à 65% des recettes)

✓ Faites-vous accompagner par un expert-comptable dès la phase projet pour optimiser votre montage fiscal et sécuriser vos choix

✓ Anticipez les évolutions réglementaires futures (DPE 2034, enregistrement 2026)

Chez NeoGest, cabinet d’expertise comptable dirigé par Reouven ABOULKER, nous accompagnons de nombreux propriétaires et gestionnaires de logements insolites. Notre connaissance approfondie de ce secteur spécifique nous permet de vous proposer des solutions sur-mesure, adaptées à votre projet et à votre situation personnelle. N’hésitez pas à nous contacter pour un premier échange sur votre projet d’acquisition.