Éco-lodge à vendre : le guide complet pour réussir votre transmission

Vous êtes propriétaire d’un éco-lodge et envisagez de le céder ? Cette décision importante soulève de nombreuses questions comptables, fiscales et juridiques qu’il convient d’anticiper pour sécuriser votre transaction et optimiser vos conditions de vente. Que vous exploitiez votre établissement depuis plusieurs années ou que vous ayez développé un projet récent, la vente d’un éco-lodge répond à des règles spécifiques qui méritent une attention particulière.

Qu’est-ce qu’un éco-lodge et quelles sont ses particularités juridiques ?

Comment définir juridiquement un éco-lodge en France ?

Un éco-lodge se situe à la croisée de plusieurs statuts juridiques en droit français. Contrairement aux hébergements touristiques classiques, il ne bénéficie pas d’une définition légale propre. En pratique, un éco-lodge est généralement qualifié de meublé de tourisme classé au sens de l’article L. 324-1-1 du code du tourisme, à condition qu’il réponde aux critères de classement en vigueur.

Cette qualification est déterminante pour votre vente, car elle conditionne le régime fiscal applicable à vos revenus d’exploitation et, par voie de conséquence, le traitement de la plus-value lors de la cession. Un éco-lodge exploité en location meublée professionnelle (LMP) ou non professionnelle (LMNP) relève du régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers.

Exemple concret : Pierre exploite depuis 2018 un éco-lodge de 6 cabanes perchées dans les Vosges. Il a obtenu un classement 4 étoiles en meublé de tourisme et réalise 95 000 € de chiffre d’affaires annuel. Son activité est inscrite au registre du commerce et des sociétés (RCS) sous le statut LMNP. Cette qualification impactera directement le calcul de sa plus-value lors de la vente.

Quelle différence entre la vente du fonds de commerce et la vente des murs ?

Lorsque vous vendez votre éco-lodge, vous devez distinguer deux opérations distinctes qui peuvent être réalisées simultanément ou séparément :

La vente du fonds de commerce englobe les éléments incorporels (clientèle, nom commercial, site internet, réservations en cours, licences éventuelles) et les éléments corporels d’exploitation (mobilier, équipements, literie, vaisselle, matériel). Cette vente est soumise aux droits d’enregistrement au taux de 3 % après un abattement de 23 000 €.

La vente des murs concerne le terrain et les constructions (cabanes, bâtiment d’accueil, sanitaires communs). Elle relève du régime immobilier et est soumise aux droits de mutation à titre onéreux au taux de 5,80 % environ (variable selon les départements), sauf option pour la TVA si les conditions sont réunies.

Tableau comparatif :

Fiscalité de l'Acquisition : Murs vs Fonds

Droits d'enregistrement et régime de TVA

Cession de Fonds

Droits d'Enregistrement 3 % (après abattement)
  • 📍 Inclus : Clientèle, Enseigne, Matériel
  • 📍 Abattement : 23 000 € sur la base
  • 📍 TVA : Souvent exonérée (art. 257 bis)

Cession de Murs

Droits de Mutation 5,80 % (env.)
  • 📍 Inclus : Terrain et Constructions
  • 📍 Frais : Notaire + Publicité foncière
  • 📍 TVA : Possible si bien < 5 ans
Le conseil Neo-Gest : Dans une vente globale (Murs + Fonds), il est impératif de ventiler précisément les prix dans l'acte. Une mauvaise répartition peut entraîner un surcoût inutile de droits d'enregistrement ou un risque de redressement fiscal sur la valeur des composants.

Quelles vérifications réglementaires effectuer avant de mettre en vente ?

Mon éco-lodge est-il en conformité avec la réglementation des meublés de tourisme ?

Avant toute mise en vente, il est impératif de vérifier la conformité de votre établissement avec la réglementation applicable aux meublés de tourisme. Cette étape conditionne non seulement la valeur de votre bien, mais aussi la sécurité juridique de la transaction.

Depuis novembre 2024, la législation française a considérablement renforcé les obligations des exploitants. Votre éco-lodge doit notamment disposer :

  • D’un numéro d’enregistrement en mairie (généralisé depuis mai 2026)
  • D’une autorisation de changement d’usage si vous êtes situé dans une zone tendue et que vos hébergements étaient à l’origine des logements classiques
  • D’un classement en meublé de tourisme si vous souhaitez bénéficier du régime fiscal avantageux
  • D’un diagnostic de performance énergétique (DPE) conforme aux exigences

Exemple : Marie souhaite vendre son éco-lodge de 8 yourtes en Ardèche. Lors de l’audit préalable, son expert-comptable découvre que 3 yourtes n’ont jamais été enregistrées en mairie. Cette irrégularité expose l’établissement à une amende pouvant atteindre 10 000 € par hébergement à partir de mai 2026. Marie doit régulariser cette situation avant la vente pour éviter de décotes significatives ou un refus d’acquisition par les acheteurs potentiels.

Quelles sont les obligations en matière de performance énergétique ?

La question énergétique est devenue centrale dans la valorisation des hébergements touristiques. Depuis le 21 novembre 2024, toute autorisation de changement d’usage est subordonnée à la présentation d’un DPE classé entre A et E. À compter de 2034, cette exigence sera renforcée avec un DPE obligatoirement classé entre A et D pour tous les meublés de tourisme qui ne constituent pas la résidence principale du loueur.

Pour un éco-lodge, cette problématique revêt une importance particulière car :

  • Les constructions atypiques (cabanes, yourtes, tiny houses) peuvent présenter des défis en matière d’isolation
  • Le caractère « éco » de votre établissement constitue souvent un argument commercial fort qu’un mauvais DPE viendrait contredire
  • Les acheteurs potentiels anticipent désormais les coûts de mise aux normes

Conseil pratique : Anticipez la réalisation de travaux d’amélioration énergétique avant la mise en vente. Un DPE classé B ou C peut valoriser votre éco-lodge de 10 à 20 % par rapport à un DPE classé E ou F. De plus, vous pourrez déduire fiscalement ces travaux de votre résultat d’exploitation l’année de leur réalisation.

Comment calculer la plus-value lors de la vente d’un éco-lodge ?

Quel régime de plus-value s’applique à mon activité ?

Le régime fiscal de la plus-value dépend directement de votre statut d’exploitation : location meublée non professionnelle (LMNP) ou location meublée professionnelle (LMP).

Vous êtes en LMNP si vous remplissez l’une des conditions suivantes :

  • Vos recettes locatives annuelles sont inférieures à 23 000 €
  • Vos recettes locatives représentent moins de 50 % de vos revenus globaux du foyer fiscal

Dans ce cas, la plus-value réalisée lors de la cession relève du régime des plus-values immobilières des particuliers. Vous bénéficiez d’un abattement pour durée de détention : 6 % par an entre la 6ème et la 21ème année, puis 4 % la 22ème année pour l’impôt sur le revenu. Pour les prélèvements sociaux, l’exonération totale intervient après 30 ans de détention.

Vous êtes en LMP si vous remplissez simultanément les deux conditions suivantes :

  • Vos recettes locatives annuelles sont supérieures à 23 000 €
  • Ces recettes dépassent l’ensemble de vos autres revenus professionnels

Dans cette hypothèse, la plus-value relève du régime des plus-values professionnelles. Le traitement fiscal est plus complexe et dépend notamment de la valeur du fonds et de la durée de détention.

Tableau récapitulatif :

Audit Fiscal : LMNP vs LMP

Arbitrage de Statut — Expertise Immobilière 2026

Critère d'Audit LMNP (Non Professionnel) LMP (Professionnel)
Seuil de Chiffre d'Affaires < 23 000 €
ou < 50 % des revenus
> 23 000 €
et > 50 % des revenus
Régime de Plus-Value Plus-value immobilière
des particuliers
Plus-value professionnelle
(Court/Long terme)
Abattement Durée de Détention OUI
(Exo : 22 ans IR / 30 ans PS)
OUI
(Sous conditions spécifiques)
Inscription au RCS Facultative OBLIGATOIRE

Comment optimiser fiscalement la plus-value de mon éco-lodge ?

Plusieurs leviers d’optimisation s’offrent à vous pour réduire l’imposition de votre plus-value :

1. L’actualisation du prix de revient

Vous pouvez ajouter à votre prix d’acquisition initial :

  • Les frais d’acquisition (frais de notaire, honoraires, droits d’enregistrement) si vous ne les avez pas déduits lors de l’achat
  • Les travaux de construction, d’agrandissement ou d’amélioration, justifiés par factures, réalisés depuis l’acquisition
  • Les frais de voirie, réseaux et distribution le cas échéant

Exemple chiffré : Thomas a acquis un terrain en 2016 pour 80 000 € et a construit 5 éco-lodges pour 320 000 €. Il a également réalisé en 2020 des travaux d’amélioration (raccordement à l’assainissement collectif, création d’une piscine naturelle) pour 45 000 €. Son prix de revient fiscal s’élève donc à 445 000 €, et non à 80 000 €.

2. La déduction des amortissements pratiqués

Si vous avez opté pour le régime réel d’imposition, vous avez certainement pratiqué des amortissements sur vos constructions et vos équipements. Ces amortissements, qui ont réduit votre base imposable pendant l’exploitation, viennent diminuer votre prix de revient fiscal lors du calcul de la plus-value.

Cette mécanique peut sembler contre-intuitive : plus vous avez amorti, plus votre plus-value sera importante. Néanmoins, sur le plan de la trésorerie globale, l’économie d’impôt réalisée pendant les années d’exploitation compense généralement l’alourdissement de la plus-value.

3. Le réinvestissement de la plus-value (LMP uniquement)

En LMP, sous certaines conditions strictes, vous pouvez bénéficier d’un report d’imposition de votre plus-value si vous réinvestissez dans une activité professionnelle dans les 24 mois suivant la cession. Ce dispositif, complexe, nécessite un accompagnement expert.

Quelle valorisation pour mon éco-lodge et comment la justifier ?

Quels sont les critères de valorisation d’un éco-lodge ?

La valorisation d’un éco-lodge repose sur une approche multicritère qui dépasse largement le simple calcul immobilier classique. Les acheteurs potentiels (investisseurs, exploitants, fonds d’investissement spécialisés) analysent :

Les critères financiers :

  • Le chiffre d’affaires des trois dernières années et sa tendance
  • L’excédent brut d’exploitation (EBE), qui mesure la rentabilité opérationnelle
  • La capacité d’autofinancement (CAF) qui indique la trésorerie générée
  • Le taux d’occupation moyen et sa saisonnalité
  • Le prix moyen par nuitée et le panier moyen par client

Les critères patrimoniaux :

  • La valeur du foncier (emplacement, superficie, constructibilité résiduelle)
  • L’état et la qualité des constructions (conformité, esthétique, durabilité)
  • Les équipements (spa, piscine, restaurant, salle de séminaire)
  • La classification éventuelle (Écolabel, Clef Verte, classement étoiles)

Les critères d’exploitation :

  • La notoriété de l’établissement (avis en ligne, presse, réseaux sociaux)
  • Le positionnement marketing et la cohérence du projet
  • La qualité de la base de données clients et des réservations futures
  • Les partenariats existants (Tour opérateurs, CE, plateformes)

Exemple concret : Un éco-lodge de 10 cabanes en Bretagne génère 180 000 € de CA avec un EBE de 65 000 €. Le foncier de 2 hectares est estimé à 150 000 €, les constructions à 280 000 €. L’établissement bénéficie d’un excellent e-réputation (4,8/5 sur 450 avis) et d’un taux d’occupation de 72 %. Sur la base d’un multiple d’EBE de 7 à 9 (standard du secteur), la valorisation se situerait entre 455 000 € et 585 000 €, auxquels s’ajoute la valeur patrimoniale, soit une fourchette globale de 900 000 € à 1 100 000 €.

Comment préparer un dossier de présentation convaincant ?

La qualité de votre dossier de présentation influence directement l’attractivité de votre offre et le prix de vente final. Ce dossier doit comporter :

Sur le plan comptable et financier :

  • Les bilans et comptes de résultat certifiés des trois derniers exercices
  • Un prévisionnel d’activité pour l’année en cours
  • Les tableaux de bord d’exploitation (taux d’occupation mensuel, CA par hébergement, origine de la clientèle)
  • Le détail des charges fixes et variables
  • L’état des emprunts en cours et leur échéancier
  • Le montant des stocks (linge, produits d’accueil, denrées)

Sur le plan juridique :

  • Le titre de propriété et les servitudes éventuelles
  • Les autorisations administratives (permis de construire, enregistrements, autorisations d’exploitation)
  • Les baux commerciaux éventuels (restaurant, boutique)
  • Les contrats en cours (fournisseurs, prestataires, personnels)
  • Les assurances professionnelles
  • Le règlement de copropriété le cas échéant

Sur le plan technique :

  • Les diagnostics obligatoires (amiante, plomb, termites, DPE, électricité, gaz, assainissement)
  • Les plans et descriptifs des constructions
  • Le carnet d’entretien et l’historique des travaux
  • Les garanties constructeur encore valables

Quels aspects comptables anticiper lors de la transmission ?

Comment gérer la comptabilité pendant la période de cession ?

La période précédant la vente nécessite une rigueur comptable accrue. Plusieurs points méritent une attention particulière :

1. La clôture anticipée de l’exercice

Si votre exercice comptable ne correspond pas à l’année civile, il peut être opportun d’envisager une clôture anticipée à la date de la cession. Cette option simplifie considérablement la répartition des résultats entre vous et l’acquéreur.

Exemple : Votre exercice comptable court du 1er avril au 31 mars. Vous vendez votre éco-lodge le 15 novembre. Sans clôture anticipée, il faudra répartir le résultat de l’exercice en cours entre la période pendant laquelle vous étiez propriétaire (du 1er avril au 15 novembre) et celle de l’acquéreur (du 16 novembre au 31 mars). Une clôture au 15 novembre évite cette complexité.

2. La neutralisation des opérations exceptionnelles

Pour présenter des comptes représentatifs de l’activité normale, il convient d’identifier et de retraiter les opérations exceptionnelles des derniers exercices :

  • Vente d’équipements
  • Travaux de mise en conformité ponctuels
  • Subventions d’investissement
  • Sinistres indemnisés

Ces éléments doivent être clairement explicités dans votre dossier de cession pour permettre à l’acquéreur d’apprécier la rentabilité récurrente de l’activité.

3. La régularisation des comptes courants d’associés

Si votre éco-lodge est exploité via une société (SARL, SAS), les comptes courants d’associés doivent être soldés ou clairement identifiés. Un compte courant débiteur (la société vous doit de l’argent) peut être perçu négativement par un acquéreur. À l’inverse, un compte courant créditeur (vous avez prêté de l’argent à la société) devra être remboursé lors de la cession.

Quelles sont les obligations déclaratives lors de la vente ?

La cession de votre éco-lodge génère plusieurs obligations déclaratives fiscales qu’il convient d’anticiper :

Dans les 60 jours de la cession :

  • Déclaration de la plus-value via le formulaire n° 2048-IMM (LMNP) ou n° 2042-C (LMP)
  • Paiement de l’impôt sur la plus-value (19 %) et des prélèvements sociaux (17,2 %)

Dans les 60 jours suivant la cession du fonds de commerce :

  • Déclaration de cession à la mairie du lieu d’exploitation
  • Publication d’un avis de cession dans un journal d’annonces légales
  • Enregistrement de l’acte de cession auprès du service des impôts des entreprises

Dans les 6 mois suivant la cession :

  • Production de la déclaration de résultats de l’exercice de cession
  • Établissement d’une déclaration de TVA si vous êtes assujetti

Conseil : Votre expert-comptable du cabinet NeoGest peut vous accompagner dans l’ensemble de ces démarches et s’assurer du respect des délais légaux, évitant ainsi les pénalités de retard.

Comment sécuriser juridiquement la vente de mon éco-lodge ?

Quelles clauses insérer dans le compromis de vente ?

Le compromis de vente (ou promesse synallagmatique de vente) constitue l’acte préparatoire à la vente définitive. Contrairement aux idées reçues, il engage fermement les deux parties dès sa signature. Pour sécuriser votre transaction, plusieurs clauses méritent une attention particulière :

Les conditions suspensives :

  • Obtention d’un financement par l’acquéreur (délai : 45 à 60 jours)
  • Absence d’opposition des créanciers (délai : 10 jours après publication)
  • Transfert effectif des autorisations administratives (enregistrement, licence éventuelle)
  • Confirmation du chiffre d’affaires minimum sur une période déterminée

Les garanties du vendeur :

  • Garantie de passif : vous garantissez l’absence de dettes non déclarées
  • Garantie d’actif : vous garantissez l’exactitude de l’inventaire des biens cédés
  • Garantie de conformité : vous certifiez la régularité administrative de l’exploitation
  • Non-concurrence : vous vous engagez à ne pas créer d’établissement concurrent pendant une durée et dans un périmètre définis

La clause de prix :

  • Prix ferme et définitif ou prix variable (selon CA réalisé, taux d’occupation…)
  • Modalités de paiement (comptant, crédit-vendeur, complément de prix)
  • Clause d’indexation éventuelle
  • Earn-out (complément de prix conditionné aux performances futures)

Exemple concret : Sophie vend son éco-lodge 850 000 €. Elle accepte un crédit-vendeur de 150 000 € sur 3 ans pour faciliter l’acquisition. Le compromis prévoit une garantie d’actif et de passif plafonnée à 100 000 € pendant 18 mois. Sophie s’engage également à une clause de non-concurrence dans un rayon de 50 km pendant 5 ans, moyennant une indemnité de 30 000 € versée par l’acquéreur.

Comment gérer la période transitoire entre compromis et acte définitif ?

La période entre la signature du compromis et l’acte authentique devant notaire dure généralement 2 à 4 mois. Cette phase nécessite une gestion attentive :

Sur le plan de l’exploitation :

  • Poursuivre l’activité dans des conditions normales sans désengagement
  • Informer les salariés conformément à la réglementation (article L. 1224-1 du Code du travail)
  • Maintenir le niveau de qualité pour ne pas dégrader l’image
  • Honorer les réservations déjà confirmées

Sur le plan comptable :

  • Tenir une comptabilité rigoureuse jour après jour
  • Établir des situations mensuelles partagées avec l’acquéreur
  • Séparer clairement les flux liés à l’exploitation courante et les opérations exceptionnelles
  • Préparer un état détaillé des stocks à la date de cession

Sur le plan juridique :

  • Obtenir l’ensemble des pièces administratives promises
  • Lever les conditions suspensives dans les délais
  • Organiser les visites de l’acquéreur pour faciliter sa prise en main
  • Préparer le transfert des contrats (assurances, fournisseurs, abonnements)

Quels sont les pièges à éviter lors de la vente ?

Comment ne pas compromettre la cession par une mauvaise préparation ?

Plusieurs erreurs classiques peuvent faire échouer une vente ou en diminuer significativement la valeur :

1. Sous-estimer l’importance de la conformité réglementaire

Un éco-lodge non conforme aux exigences de la loi du 19 novembre 2024 (enregistrement, DPE, autorisations) perd immédiatement de sa valeur. Les acquéreurs potentiels, de plus en plus avertis, intègrent systématiquement le coût de mise en conformité dans leur offre, voire se retirent du processus.

2. Négliger la présentation comptable

Des comptes mal tenus, incomplets ou incohérents suscitent la méfiance des acquéreurs. Ils peuvent craindre une mauvaise gestion, voire des dissimulations. Investissez dans un audit comptable préalable réalisé par votre expert-comptable : cet investissement se rentabilise toujours par une meilleure valorisation.

3. Omettre d’anticiper la fiscalité de la transmission

Le calcul de la plus-value est complexe et peut réserver de mauvaises surprises. Par exemple, un contribuable qui a bénéficié d’amortissements importants pendant des années découvre parfois tardivement que sa plus-value sera élevée. Un prévisionnel fiscal établi 12 à 18 mois avant la cession permet d’anticiper et, le cas échéant, de reporter la vente pour optimiser la fiscalité.

4. Vendre au mauvais moment du cycle d’activité

Un éco-lodge se vend mieux en fin de saison haute, lorsque les résultats de l’année sont connus et positifs, plutôt qu’en pleine période creuse où l’activité est ralentie. De même, une vente précipitée en période de crise (sanitaire, économique) conduit généralement à une décote importante.

Exemple : Antoine souhaite vendre son éco-lodge en février 2025, après une saison d’hiver médiocre due à un manque de neige. Les acheteurs potentiels, échaudés par ces résultats, proposent des offres 20 % inférieures à la valorisation espérée. Son expert-comptable lui conseille d’attendre septembre 2025, après une belle saison estivale, pour relancer la vente dans de meilleures conditions.

Quelles sont les responsabilités du vendeur après la cession ?

Votre responsabilité ne s’éteint pas intégralement le jour de la signature de l’acte authentique. Plusieurs mécanismes juridiques peuvent vous exposer :

La garantie des vices cachés : Vous êtes tenu de garantir l’acquéreur contre les vices cachés qui rendraient l’éco-lodge impropre à l’usage auquel il est destiné. Cette garantie couvre les défauts non apparents lors de la vente (problème de fondations, réseaux défectueux, pollution des sols).

La garantie d’éviction : Vous garantissez l’acquéreur contre tout trouble de droit (servitude non déclarée, hypothèque dissimulée) qui viendrait limiter sa jouissance paisible du bien.

La garantie de passif : Si vous avez cédé un fonds de commerce exploité via une société, vous pouvez être tenu des dettes apparues après la cession mais nées de faits antérieurs, sauf clause contraire négociée dans l’acte.

Conseil : Pour limiter votre exposition, négociez des plafonds de garantie, des délais de réclamation courts (12 à 18 mois), et souscrivez une assurance responsabilité civile après cession qui couvre les risques résiduels.

Comment optimiser ma stratégie de cession selon mon profil ?

Faut-il vendre seul ou passer par un intermédiaire spécialisé ?

Le recours à un intermédiaire spécialisé dans la transmission d’hébergements touristiques présente plusieurs avantages :

Les arguments en faveur de l’intermédiation :

  • Accès à un réseau qualifié d’acquéreurs potentiels (investisseurs, exploitants)
  • Confidentialité de la démarche vis-à-vis des salariés, fournisseurs et clients
  • Valorisation optimisée grâce à une connaissance fine du marché
  • Accompagnement juridique et fiscal tout au long du processus
  • Gain de temps et sérénité dans un processus souvent long (6 à 18 mois)

Les arguments en faveur d’une vente en direct :

  • Économie de commission (généralement 5 à 10 % du prix de vente)
  • Contrôle total du processus et des contacts
  • Relation directe avec les acquéreurs potentiels

En réalité, ces deux approches ne sont pas incompatibles. Vous pouvez confier un mandat semi-exclusif à un intermédiaire tout en conservant la possibilité de vendre directement si vous identifiez un acquéreur.

Exemple : Julien confie la vente de son éco-lodge à un cabinet spécialisé avec un mandat semi-exclusif de 12 mois et une commission de 7 %. Parallèlement, il est contacté par un ancien client, chef d’entreprise, qui souhaite acquérir l’établissement. Grâce à une clause de son mandat, Julien peut vendre directement à cet acquéreur moyennant une indemnité réduite de 2 % versée à l’intermédiaire.

Quelle stratégie adopter selon mon horizon de cession ?

Votre horizon de temps conditionne largement votre stratégie :

Cession à court terme (moins de 6 mois) :

  • Accepter une valorisation légèrement inférieure pour accélérer le processus
  • Cibler prioritairement les acquéreurs d’opportunité (concurrents, investisseurs locaux)
  • Limiter les conditions suspensives pour sécuriser la vente
  • Envisager un crédit-vendeur pour faciliter le financement

Cession à moyen terme (6 à 18 mois) :

  • Optimiser la présentation comptable et juridique de l’établissement
  • Réaliser les travaux de mise en conformité nécessaires
  • Améliorer les indicateurs de performance (taux d’occupation, CA)
  • Diffuser largement l’offre auprès des réseaux spécialisés

Cession à long terme (plus de 18 mois) :

  • Mettre en œuvre un plan stratégique de croissance pour valoriser l’établissement
  • Investir dans des équipements différenciants (spa, restaurant, activités)
  • Développer la notoriété digitale (site internet, réseaux sociaux, avis clients)
  • Optimiser la structure fiscale de détention (holding, apport-cession)

En conclusion : les points clés pour réussir votre transmission

La vente d’un éco-lodge constitue une opération patrimoniale majeure qui nécessite une préparation minutieuse sur les plans comptable, fiscal et juridique. Retenez les enseignements suivants :

Sur le plan fiscal : Anticipez le calcul de votre plus-value au moins 12 mois avant la cession envisagée. Le choix entre LMNP et LMP, la durée de détention, les amortissements pratiqués et les travaux réalisés impactent directement votre fiscalité. Une erreur de planification peut se chiffrer en dizaines de milliers d’euros.

Sur le plan comptable : Des comptes rigoureux, transparents et régulièrement audités constituent votre meilleur atout pour convaincre les acquéreurs et justifier votre valorisation. N’hésitez pas à investir dans un audit comptable et financier réalisé par le cabinet NeoGest : cette démarche rassure les acheteurs et facilite les négociations.

Sur le plan juridique : La conformité réglementaire (enregistrement, DPE, autorisations, classement) est devenue incontournable depuis les réformes de 2024. Un établissement non conforme perd immédiatement 15 à 30 % de sa valeur. Régularisez votre situation avant toute mise sur le marché.

Sur le plan stratégique : Le timing de votre cession influence considérablement le prix obtenu. Vendre après une excellente saison, dans un marché porteur, avec un carnet de réservations bien rempli, maximise vos chances d’obtenir un prix optimal.

Chez NeoGest, cabinet d’expertise comptable dirigé par Reouven Aboulker, nous accompagnons régulièrement des propriétaires d’éco-lodges, de gîtes insolites et d’hébergements atypiques dans leurs projets de transmission. Notre expertise du secteur touristique et notre maîtrise des enjeux fiscaux spécifiques aux meublés de tourisme nous permettent de sécuriser vos opérations et d’optimiser votre fiscalité.

N’hésitez pas à nous contacter pour un premier échange sur votre projet de cession : ensemble, nous élaborerons la stratégie la plus adaptée à votre situation personnelle et à vos objectifs patrimoniaux.