L'achat d'un logement insolite destiné à la location touristique séduit de plus en plus d'investisseurs : cabanes dans les arbres, tiny houses, éco-lodges, yourtes ou bulles transparentes attirent une clientèle en quête d'expériences uniques. Derrière le charme du concept, cet investissement reste encadré par les règles applicables aux meublés de tourisme, avec un cadre comptable, fiscal et juridique précis. Chez NEOGEST, nous accompagnons régulièrement des porteurs de projets dans ce secteur en pleine expansion. Voici les points à maîtriser avant, pendant et après votre acquisition.
Définition et statut juridique du logement insolite
Un logement insolite destiné à la location touristique entre, sur le plan juridique, dans la catégorie des meublés de tourisme définis à l’article L. 324-1-1 du Code du tourisme. Il s’agit de locaux meublés à l’usage exclusif du locataire, offerts à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile et qui y effectue un séjour à la journée, à la semaine ou au mois.
Comment définir un meublé de tourisme ?
Cette définition englobe les cabanes perchées, yourtes, roulottes, tiny houses, bulles transparentes, éco-lodges et tout autre concept d’hébergement atypique, dès lors qu’ils respectent ces critères. La particularité architecturale de votre projet n’a aucune incidence sur le régime juridique applicable : une cabane dans les arbres relève des mêmes règles qu’un appartement loué en meublé de tourisme.
Quelle différence entre résidence principale et résidence secondaire ?
Cette distinction est fondamentale car elle conditionne l’ensemble des obligations administratives et fiscales applicables. Votre logement insolite sera considéré comme une résidence secondaire si vous ne l’occupez pas au moins huit mois par an comme résidence principale.
En pratique, tout logement loué plus de 120 jours par an en meublé de tourisme ne peut pas être une résidence principale, puisque les périodes de location ne sont pas comptabilisées comme des périodes d’occupation personnelle. Pour un investissement locatif insolite, vous serez donc quasi systématiquement dans le cadre d’une résidence secondaire.
Exemple concret d'une tiny house en Dordogne
Imaginons Sophie, qui achète une tiny house installée dans son jardin en Dordogne. Elle l’occupe personnellement quinze jours en été et la loue le reste du temps. Même si le bien se trouve sur son terrain, la tiny house sera considérée comme une résidence secondaire et devra respecter toutes les obligations propres à ce statut : enregistrement, fiscalité des meublés de tourisme, taxe de séjour, etc.
Les démarches administratives obligatoires avant l'achat
Avant tout compromis de vente, plusieurs vérifications sont indispensables. Elles conditionnent la possibilité même d’exploiter le bien en location touristique.
Comment vérifier les règles d'urbanisme applicables ?
Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la commune peut comporter des restrictions importantes. Certaines zones interdisent purement et simplement l’installation d’hébergements touristiques, ou imposent des servitudes de résidence principale pour les constructions nouvelles. Ces servitudes, introduites par la loi du 19 novembre 2024, visent les communes où s’applique la taxe sur les logements vacants ou celles où plus de 20 % des logements sont déjà des résidences secondaires.
Si vous achetez un bien situé dans une copropriété (par exemple un chalet en résidence de montagne), le règlement de copropriété doit être scrupuleusement vérifié. Depuis la loi de novembre 2024, tout nouveau règlement doit explicitement préciser si la location de meublés de tourisme est autorisée. La modification du règlement pour interdire ce type de location a également été facilitée. Acheter dans une copropriété sans vérification préalable, c’est risquer de ne jamais pouvoir exploiter le bien en location touristique.
L'autorisation de changement d'usage est-elle obligatoire ?
Dans les zones tendues, définies notamment par l’application de la taxe sur les logements vacants (Paris et certaines grandes agglomérations), la location d’un logement en meublé de tourisme constitue un changement d’usage soumis à autorisation préalable de la mairie. Cette autorisation peut prendre trois formes :
- Une autorisation définitive, rare et précieuse
- Une autorisation temporaire à durée déterminée, généralement renouvelable
- Une autorisation soumise à compensation : transformation d'un local commercial en logement ou achat de droits de commercialité
Depuis novembre 2024, les communes peuvent étendre cette obligation à tout nouveau meublé de tourisme, même constitué d’un logement neuf, et fixer des quotas d’autorisations pour maîtriser le nombre de meublés sur leur territoire.
Cas pratique d'un studio à Lyon transformé en tiny house urbaine
Imaginons Jean, qui souhaite acheter un studio de 25 m² à Lyon pour le transformer en tiny house urbaine destinée à la location touristique. Lyon appliquant le changement d’usage dans certains arrondissements, Jean doit vérifier si le bien est situé dans une zone concernée et, le cas échéant, obtenir l’autorisation avant toute mise en location. Le défaut d’autorisation l’expose à une amende pouvant atteindre 100 000 € depuis la loi de novembre 2024.
Quelles obligations en matière de performance énergétique ?
À partir du 1er janvier 2034, les meublés de tourisme qui ne constituent pas la résidence principale du loueur devront respecter les mêmes exigences de performance énergétique que les locations de longue durée. Votre logement insolite devra disposer d’un DPE compris entre les classes A et E. Les logements classés F ou G seront interdits à la location touristique.
Une amende administrative de 5 000 € maximum pourra être prononcée en cas de non-respect, assortie d’une astreinte de 100 € par jour de retard si le DPE n’est pas transmis dans les deux mois suivant la demande de la commune. Le conseil NEOGEST : faites réaliser un DPE dès l’acquisition, même si l’échéance 2034 paraît lointaine. Pour un éco-lodge ou une tiny house neuve, la performance énergétique est généralement bonne. Pour une grange rénovée ou une ancienne bergerie, intégrez le coût des travaux de rénovation dans votre business plan.
Financer intelligemment votre achat de logement insolite
Le financement d’un logement insolite peut s’envisager selon plusieurs modalités. Le choix dépend de la taille du projet, du nombre de biens visés et de votre stratégie patrimoniale.
Quel montage financier privilégier ?
L’achat en nom propre est la solution la plus simple pour démarrer. Vous achetez le bien à titre personnel, le déclarez en meublé de tourisme et relevez du régime des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Cette option convient particulièrement aux primo-investisseurs détenant un ou deux biens.
La création d’une société (SARL, SAS, SASU) devient pertinente dès lors que vous envisagez un projet d’envergure (plusieurs hébergements, investissement supérieur à 150 000 €) ou que vous souhaitez développer une véritable activité d’exploitation. Une société permet de :
- Protéger votre patrimoine personnel
- Optimiser la fiscalité en cas de bénéfices importants
- Faciliter l'association avec des partenaires
- Séparer clairement votre patrimoine professionnel de votre patrimoine privé
Exemple de structuration en SARL pour trois cabanes en Ardèche
Marc et Julie créent une SARL pour acquérir trois cabanes dans les arbres en Ardèche. La société emprunte 250 000 € pour financer l’achat du terrain et la construction des cabanes. Les revenus locatifs permettent de rembourser l’emprunt, et en cas de difficulté, seul le capital social de la société est engagé, pas le patrimoine personnel des associés (sauf si des garanties personnelles ont été données à la banque).
Comment les banques évaluent-elles un projet de logement insolite ?
Les établissements bancaires sont aujourd’hui familiers des projets de meublés de tourisme classiques, mais se montrent plus prudents face aux logements insolites. Leur analyse porte sur trois critères principaux. Le premier est la rentabilité prévisionnelle, scrutée à travers un business plan détaillé sur trois à cinq ans intégrant les revenus locatifs prévisionnels, les charges d’exploitation, les frais de gestion et les provisions pour aléas.
Le deuxième critère est l’originalité du concept et sa capacité à attirer une clientèle ciblée. Des données de réservation issues d’Airbnb, Abritel ou d’une étude de marché locale renforcent considérablement le dossier. Le troisième critère est votre apport personnel : les banques exigent généralement 20 à 30 % pour un investissement locatif touristique, voire 30 à 40 % pour un projet insolite en raison du caractère moins standard du bien.
Régime fiscal et aspects comptables essentiels
Deux régimes fiscaux principaux s’offrent à vous : le micro-BIC et le régime réel. Le choix dépend de votre chiffre d’affaires et de la structure de vos charges.
Quel régime fiscal choisir pour votre activité de location ?
Le régime micro-BIC s’applique automatiquement si vos recettes annuelles ne dépassent pas certains plafonds, modifiés par la loi de finances 2024 et la loi de novembre 2024. Il présente l’avantage de la simplicité : aucune comptabilité détaillée n’est exigée, vous déclarez vos recettes brutes et l’administration applique automatiquement un abattement forfaitaire. Vous êtes dispensé de TVA et n’avez pas à tenir de comptabilité d’engagement.
Attention : l’abattement forfaitaire est censé couvrir l’ensemble de vos charges (amortissements, intérêts d’emprunt, travaux, charges courantes). Si vos charges réelles dépassent cet abattement, le régime réel devient plus avantageux.
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Meublé Non Classé
Plafond : 15 000 €
Meublé Classé
Plafond : 77 700 €
Location Nue
Plafond : 15 000 €
L'analyse stratégique NEOGEST :
L'abattement forfaitaire n'est plus un cadeau automatique. En 2026, la différence entre un meublé classé et non classé représente une hausse de 66% de votre base imposable. Si votre CA dépasse 15k€ ou si vos charges réelles sont importantes, le passage au Régime Réel est la seule option pour viser le "zéro fiscal" via les amortissements.
Quand opter pour le régime réel ?
Le régime réel devient obligatoire si vous dépassez les plafonds du micro-BIC, mais peut aussi être choisi sur option. Dans ce régime, vous déduisez toutes vos charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, amortissements, assurances, frais de gestion), vous tenez une comptabilité d’engagement conforme au Plan Comptable Général, vous amortissez le bien immobilier et le mobilier, et vous établissez un bilan et un compte de résultat annuels.
Cas pratique : une yourte équipée à 80 000 €
Céline achète une yourte équipée pour 80 000 € (terrain inclus), financée par un emprunt de 60 000 € sur 15 ans. Ses recettes locatives annuelles s’élèvent à 35 000 €. Trois scénarios sont possibles :
- Micro-BIC meublé non classé : impossible, elle dépasse le plafond de 15 000 €
- Micro-BIC meublé classé : base imposable de 35 000 € × 50 % = 17 500 €, plus les prélèvements sociaux de 17,2 %
- Régime réel : intérêts d'emprunt (≈ 2 700 €), amortissement de la yourte (≈ 2 500 €/an), charges d'exploitation (≈ 8 000 €), assurance (≈ 800 €), taxe foncière (≈ 600 €), soit un total d'environ 14 600 € de charges et un résultat fiscal de 20 400 €
Dans ce cas précis, le micro-BIC classé est légèrement plus avantageux, mais le régime réel permet de mieux piloter l’activité et de valoriser les amortissements pour les années à venir.
Comment comptabiliser l'achat du bien ?
La comptabilisation de l’achat d’un logement insolite suit les règles classiques de l’immobilisation. Le prix d’acquisition intègre le prix d’achat (terrain + construction), auquel s’ajoutent les frais directement attribuables : frais de notaire, droits d’enregistrement, honoraires d’agence, frais de viabilisation, frais de raccordement (eau, électricité). L’ensemble constitue la valeur d’entrée de l’immobilisation.
La décomposition de l’actif est une pratique fortement recommandée. Elle consiste à distinguer les différents éléments du bien selon leur durée d’utilisation :
- Le terrain : non amortissable
- La structure (gros œuvre, fondations) : amortissement sur 30 à 50 ans
- Les aménagements et équipements : amortissement sur 10 à 20 ans
- Le mobilier : amortissement sur 5 à 10 ans
- Les équipements techniques (cuisine, sanitaires) : amortissement sur 10 à 15 ans
Exemple chiffré d'une cabane dans les arbres à 120 000 €
Pierre acquiert une cabane dans les arbres clé en main pour 120 000 € HT. La décomposition peut être structurée ainsi : terrain 20 000 € (non amortissable), structure et ossature 50 000 € (amortissement sur 30 ans soit 1 667 €/an), aménagements intérieurs 30 000 € (amortissement sur 15 ans soit 2 000 €/an), mobilier et équipements 20 000 € (amortissement sur 10 ans soit 2 000 €/an). Total des amortissements annuels : 5 667 €, intégralement déductibles fiscalement en régime réel.
Faut-il faire appel à un expert-comptable ?
En micro-BIC, aucune comptabilité commerciale complète n’est exigée. Vous conservez les justificatifs de vos recettes (relevés bancaires, récapitulatifs des plateformes) et déclarez vos revenus sur votre déclaration personnelle. Même dans ce cadre, NEOGEST recommande de tenir un tableau de bord récapitulant les recettes mensuelles et les principales charges pour piloter l’activité.
En régime réel, la tenue d’une comptabilité d’engagement est obligatoire et l’intervention d’un professionnel s’impose. L’expert-comptable tient la comptabilité, établit les comptes annuels, optimise la fiscalité (choix des options, amortissements), accompagne dans les déclarations (résultat, liasse fiscale) et sécurise les pratiques face à un contrôle fiscal. Le coût se situe généralement entre 800 et 2 500 € par an selon le volume d’activité, et reste intégralement déductible fiscalement.
Vos obligations fiscales après l'achat
Comment déclarer votre activité de location ?
Dès la mise en location, vous devez déclarer le début d’activité auprès de l’administration fiscale via le formulaire P0i (pour les personnes physiques), à adresser au greffe du tribunal de commerce ou directement en ligne sur le site de l’INPI. Vous recevez ensuite un numéro SIRET qui identifie votre activité et devra figurer sur toutes les factures que vous émettrez.
Parallèlement, depuis la loi du 19 novembre 2024, l’enregistrement des meublés de tourisme sera généralisé et obligatoire sur l’ensemble du territoire français à partir de mi-2026, sur une plateforme nationale unique qui remplacera les téléservices locaux actuels. Selon votre commune, un enregistrement local peut déjà être exigé.
Que se passe-t-il en cas de dépassement des plafonds du micro-BIC ?
Si vos recettes dépassent les plafonds du micro-BIC (15 000 € pour un meublé non classé, 77 700 € pour un meublé classé), vous basculez automatiquement au régime réel l’année suivante. Vous bénéficiez toutefois d’une tolérance : le dépassement doit se produire deux années consécutives pour que le basculement soit définitif. Un dépassement ponctuel suivi d’un retour sous le plafond ne déclenche pas le passage au réel.
Exemple d'une tiny house classée aux recettes fluctuantes
Martine exploite une tiny house classée. En 2025, elle encaisse 82 000 € de recettes (dépassement du plafond de 77 700 €). En 2026, ses recettes sont de 72 000 € (en dessous du plafond). Elle reste donc en micro-BIC pour 2026. Si elle avait encaissé 80 000 € en 2026, elle serait passée au régime réel dès 2027.
Êtes-vous redevable de la TVA sur vos locations ?
La location de logements meublés à usage d’habitation est en principe exonérée de TVA (article 261 D 4° du CGI). Vous ne facturez pas de TVA à vos clients et ne récupérez pas la TVA sur vos achats et investissements. Trois exceptions existent toutefois :
- Les prestations de parahôtellerie : si vous fournissez au moins trois des quatre services suivants (petit-déjeuner, nettoyage régulier, fourniture du linge de maison, réception de la clientèle), vous relevez de la TVA au taux de 10 %
- Les locations en résidence de tourisme classée avec prestations hôtelières
- Les locations à des exploitants professionnels et non à des particuliers
La plupart des propriétaires de logements insolites loués directement à des particuliers, sans prestations parahôtelières, restent donc hors du champ de la TVA.
Quelles autres taxes prévoir ?
La taxe de séjour est un prélèvement que vous collectez auprès de vos locataires et reversez à la commune ou à l’intercommunalité. Pour un meublé non classé, il s’agit d’un pourcentage du prix de la nuitée (jusqu’à 5 %). Pour un meublé classé, c’est un montant fixe par nuitée et par personne (entre 0,20 € et 4,30 € selon le classement). Si vous louez via une plateforme intermédiaire de paiement (Airbnb, Abritel), c’est généralement la plateforme qui collecte et reverse directement.
La taxe foncière reste à votre charge. Son montant varie fortement selon les communes : 300 à 800 €/an en zone rurale, mais souvent plus de 1 500 à 2 000 €/an en zone touristique prisée. La Contribution Foncière des Entreprises (CFE) peut également être due si vous exploitez votre meublé de façon professionnelle (plusieurs biens, activité structurée). Certaines communes accordent des exonérations temporaires pour favoriser l’activité touristique.
Les erreurs à éviter pour réussir son investissement
Plusieurs erreurs reviennent fréquemment chez les investisseurs novices dans les hébergements insolites. Les identifier en amont permet d’éviter des déconvenues coûteuses.
Première erreur : négliger l'étude de marché locale
Beaucoup d’investisseurs se lancent séduits par le concept, sans analyser suffisamment la demande locale. Une cabane dans les arbres peut être très rentable dans une région touristique dynamique, mais générer peu de réservations dans une zone peu attractive. Avant l’achat, vérifiez impérativement :
- Les taux d'occupation des hébergements similaires dans un rayon de 20 km
- Les tarifs pratiqués localement par la concurrence
- La saisonnalité de la demande (forte uniquement en été ou demande équilibrée ?)
- La concurrence directe (nombre de logements insolites déjà présents)
- Les attraits touristiques locaux (sites naturels, activités, patrimoine)
Deuxième erreur : sous-estimer les charges d'exploitation
Le taux d’effort (charges/recettes) d’un meublé de tourisme est généralement plus élevé que celui d’une location longue durée. Pour un logement insolite, il faut budgétiser de nombreux postes : ménage et linge (20 à 40 € par rotation), conciergerie et gestion (15 à 25 % des recettes si externalisée), entretien et maintenance (10 à 15 % des recettes), assurance spécifique (400 à 1 200 €/an), charges courantes (eau, électricité, internet, chauffage), taxe de séjour à reverser et commission des plateformes (3 % à 15 % selon les cas).
Analyse des Charges d'Exploitation
Où partent vos recettes ? (Base : 30 000 € de CA annuel)
L'œil de l'expert NEOGEST :
Avec un cumul de charges pouvant atteindre 78%, le forfait Micro-BIC (abattement de 50% max) vous fait payer des impôts sur des revenus que vous n'avez jamais réellement perçus. En passant au Régime Réel, vous déduisez 100% de ces dépenses + vos amortissements, ramenant souvent votre imposition à 0 €.
Au global, prévoyez que 50 à 65 % de vos recettes partiront en charges d’exploitation avant même de considérer vos charges financières (intérêts d’emprunt) et fiscales.
Troisième erreur : oublier les contraintes réglementaires locales
Chaque commune peut appliquer des règles spécifiques : durée maximale de location (120 jours ou moins pour les résidences principales), obligation d’enregistrement, changement d’usage, règles particulières du PLU. Vérifiez systématiquement auprès du service urbanisme de la mairie le PLU et ses éventuelles restrictions, la procédure d’enregistrement en vigueur, les servitudes de résidence principale et les arrêtés municipaux propres à la location touristique.
Quatrième erreur : se passer d'un accompagnement professionnel
L’achat d’un logement insolite représente un investissement significatif, généralement entre 50 000 € et 300 000 €. Faire l’impasse sur l’accompagnement d’un expert-comptable pour économiser 1 000 ou 2 000 € annuels est une fausse économie. Un professionnel vous aide à optimiser votre montage fiscal dès le départ, à éviter les erreurs comptables coûteuses en cas de contrôle, à sécuriser vos choix de régime fiscal et de structure juridique, et à bénéficier de conseils personnalisés selon votre situation.
Classement en étoiles et évolutions réglementaires
Quels avantages fiscaux apporte le classement ?
Le classement de votre meublé de tourisme (de 1 à 5 étoiles) reste facultatif, mais ses avantages fiscaux sont devenus significatifs depuis les récentes modifications législatives :
- Abattement micro-BIC de 50 % au lieu de 30 % pour les non classés
- Plafond micro-BIC de 77 700 € au lieu de 15 000 € pour les non classés
- Exonération possible de taxe foncière dans les zones de revitalisation rurale (sur délibération communale)
- Taxe de séjour à montant fixe plutôt qu'en pourcentage du prix de la nuitée
- Possibilité d'accepter les chèques-vacances via l'inscription à l'ANCV
Compte tenu de l’écart important entre les plafonds (15 000 € contre 77 700 €), le classement devient quasiment indispensable si vous prévoyez de générer plus de 15 000 € de recettes annuelles tout en restant au micro-BIC.
Comment obtenir le classement de votre meublé ?
La procédure de classement s’effectue auprès d’un organisme accrédité (Atout France ou organisme privé agréé). Vous devez vérifier que votre logement répond aux critères de la catégorie visée, constituer un dossier avec photos, plans et descriptif des équipements, faire réaliser une visite de contrôle par un auditeur et obtenir le certificat de classement valable cinq ans. Le coût varie de 150 à 400 € selon l’organisme et la catégorie visée, et reste déductible fiscalement.
Exemple concret : une bulle transparente qui aurait gagné à être classée
Thomas possède une bulle transparente qu’il exploite sans classement. Ses recettes 2025 atteignent 45 000 €. Sans classement, il bascule obligatoirement au régime réel (plafond de 15 000 € dépassé). Avec un classement 3 étoiles obtenu avant la mise en location, il aurait pu rester au micro-BIC (plafond de 77 700 €) et bénéficier de l’abattement de 50 %, soit une base imposable de seulement 22 500 € au lieu de devoir établir une comptabilité complète. Le gain fiscal et administratif est considérable.
Quelles sont les échéances réglementaires à anticiper ?
La réglementation des meublés de tourisme évolue rapidement. Deux échéances majeures structurent les prochaines années. Mi-2026 : généralisation obligatoire de l’enregistrement des meublés de tourisme sur une plateforme nationale unique, avec attribution d’un numéro d’enregistrement pour toutes les locations. 2034 : application des critères de performance énergétique, seuls les logements ayant un DPE entre A et E pourront être loués en meublé de tourisme (hors résidences principales).
Comment sécuriser votre investissement sur le long terme ?
Pour pérenniser votre investissement dans un logement insolite, plusieurs leviers sont à activer. Diversifiez vos canaux de distribution en ne dépendant pas d’une seule plateforme : développez votre propre site, inscrivez-vous sur plusieurs portails, travaillez avec des agences locales. Soignez votre classement et vos avis, car la réputation en ligne conditionne directement le taux d’occupation.
Constituez une trésorerie de sécurité couvrant six mois de charges (incluant le remboursement d’emprunt) pour faire face aux périodes creuses et aux imprévus. Adaptez-vous à la demande en restant flexible sur vos tarifs, en proposant des offres spéciales en basse saison et en renouvelant régulièrement votre décoration et vos équipements. Enfin, faites-vous accompagner par un expert-comptable spécialisé dans l’hébergement touristique pour optimiser votre fiscalité et anticiper les évolutions réglementaires.
L'essentiel à retenir et l'accompagnement NEOGEST
L’achat d’un logement insolite destiné à la location touristique est un projet enthousiasmant et potentiellement très rentable, mais qui exige une préparation rigoureuse. Voici les points clés à conserver en tête :
- Vérifiez impérativement les règles d'urbanisme, le PLU et le règlement de copropriété avant tout achat
- Anticipez les obligations administratives (enregistrement, changement d'usage, DPE)
- Choisissez le bon régime fiscal (micro-BIC ou réel) selon vos recettes prévisionnelles et la structure de vos charges
- Privilégiez le classement en étoiles si vous prévoyez plus de 15 000 € de recettes annuelles
- Budgétisez correctement les charges d'exploitation (50 à 65 % des recettes)
- Faites-vous accompagner par un expert-comptable dès la phase projet pour optimiser le montage fiscal
- Anticipez les évolutions réglementaires (enregistrement 2026, DPE 2034)
Comment NEOGEST accompagne les investisseurs en hébergements insolites ?
Chez NEOGEST, cabinet d’expertise comptable dirigé par Reouven Aboulker, nous accompagnons de nombreux propriétaires et gestionnaires de logements insolites. Notre connaissance approfondie de ce secteur nous permet de proposer des solutions sur-mesure, adaptées à votre projet et à votre situation personnelle : analyse de rentabilité, choix du régime fiscal, structuration juridique, gestion comptable et déclarative, sécurisation face aux contrôles.
Vous portez un projet d’acquisition de cabane perchée, de tiny house, de yourte ou d’éco-lodge ? Vous souhaitez auditer la rentabilité d’un hébergement déjà en exploitation ? Nos équipes sont à votre disposition pour un premier échange confidentiel et personnalisé.
Échangeons sur votre projet de restaurant
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